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Ceux qui feront le digital breton et nantais en 2021

Cette 5ème édition ne fera pas l’impasse sur la COVID. Quelques stations ont malheureusement fermé : The Swenson House, Penn Ar box, 360 possible, Force 29 du Crédit Agricole, Sodifrance, Nestadio… Mais à l’instar de la ligne 14 du métro parisien, une vingtaine de belles stations ont ouvert dont la station “MakAir”. 

Tentons tout de même de faire abstraction de la COVID. Ce qui nous a profondément chagriné, c’est aussi la première tentative de lancement de l’#emojiBZH qui n’a pas connu le succès escompté.

La campagne lancée par l’équipe du .bzh a pourtant connu une forte mobilisation sur les réseaux sociaux et un engouement populaire incroyable. Nous avons tout tenté pour obtenir notre drapeau. En tant que fervent défenseur du projet, nous gardons espoir… L’emoji drapeau breizh aura été utilisé 405 886 sur le réseau social Twitter du 13 janvier au 9 février 2020 (merci au Breton Laurent Buanec qui est accessoirement DG adjoint de Twitter France).

STARTUPS / SCALE-UPS, LES PREMIERS EXIT…

Le moment tant attendu commence à se profiler… Les premiers “exit” (lire “vente” en bon français ;)) se profilent à l’horizon. Citons ce premier symbole, avec le serial entrepreneur Michel L’hostis (co-président de la frenchtech Brest+), spécialisée dans les solutions de visio-assistance. Apizee, lancée par deux personnes de Saint-Renan (29), a été rachetée par une filiale de Bouygues Télécom.
Autre exemple, du côté de Nantes, c’est Finple qui a été rachetée par Consultim.
Du côté de Rennes, c’est notamment Kiwatch, créé par le célèbre joueur de cornemuse Cédric Williamson, qui a été rachetée par le groupe Scutum. Et surtout, Contentsquare qui s’est offert la pépite rennaise Dareboost et son outil de mesure des performances de pages web. 

C’est autant d’argent frais qui arrive sur le territoire pour accélérer la croissance des sociétés rachetées et/ou être réinvesti dans de nouvelles startups en amorçage.

Côté scale-ups, la très bonne santé d’HelloWork permet aux Rennais d’enchainer les acquisitions : JobiJoba , Diplomeo, tagEmploi… Jérôme Armbruster (Président) et David Beaurepaire (Directeur délégué) ont composé aujourd’hui une équipe de 325 personnes spécialisées dans l’emploi sur Internet et la formation.

Chez Klaxoon, la relation avec Microsoft poursuit son chemin avec un impact très concret pour les deux entités. Alors qu’elles travaillent ensemble depuis 2018, Microsoft et la pépite rennaise poussent un cran plus loin leur collaboration croisée. Désormais, c’est l’outil collaboratif Teams qui bénéficie de certaines fonctionnalités développées par Klaxoon.

La vitalité de la Basse Bretagne n’est pas en reste. Les levées de fonds se sont enchainées avec OSO-AI (Brest, 4 millions, Medtech), Medaviz (Vannes, 6 millions, MedTech), SportRizer (Quimper, 1,2 millions, Sportech)… Pledg, fintech de Saint-Pabu (Finistère) spécialiste des solutions de paiement, et concurrent d’ALMA, sera à suivre de très prêt cette année. 

Malgré des cycles de développement souvent longs, l’innovation digitale agricole a vécu une belle année. Des sociétés comme Weenat, Copeeks, Dilepix ou la nouvelle arrivée Aisprid ont franchi de belles étapes. 

Du côté de Nantes, la comète CRISP et ses 9 collaborateurs exécutent leur feuille de route de façon impressionnante. En 2020, c’est 140 millions d’utilisateurs mensuels au travers de la chatbox placée sur le site des entreprises, 1 500 nouveaux comptes créés chaque semaine, c’est une croissance de 80% du revenu récurrent mensuel par rapport à 2019 (avec moins de 20% du CA réalisé en France).

Côté impact, Ecotree (Brest) a continué à envoyer du bois. 45 salariés, entre Brest, Paris et le Danemark, où une équipe d’une dizaine de personnes explore le marché de l’Europe du nord. Chiffre d’affaires 2020 : 4 millions d’euros, avec une croissance annuelle de 100 %.

La pandémie COVID a aussi boosté certaines startups. C’est le cas de la scale-up Shopopop créée par Johan Ricaut et Antoine Cheul. La cinquantaine de collaborateurs a œuvré pour dépasser les 700 000 livraisons et les 1000 drives clients. Dans le même univers, c’est Reynald Naulleau et sa startup “Vite Mon Marché” qui ont opéré plus de 500 livraisons par jour. De 365 000 € de chiffre d’affaires en 2018, ils sont passés à 4 millions cette année.

FINANCEMENT : MOINS DE DOSSIERS REÇUS PAR LES FONDS

De nombreuses startups ont pensé qu’il fallait temporiser par rapport au COVID. Il se murmurait dans le landerneau que les fonds d’investissement avaient décidé d’appuyer sur le frein. C’est faux, les fonds ont continué d’instruire et d’investir mais sur un dealflow moins conséquent.

Un autre paramètre est à prendre en compte, il s’agit du PGE. La très grande majorité des startups ayant bénéficié de ce prêt, la recherche de fonds a été certainement moins prioritaire. A présent, c’est la phase “remboursement” où il faudra être vigilant dès le premier semestre 2021…

Autre fait important dans l’univers de la finance bretonne, la société de gestion Nestadio est arrivée au bout d’un cycle. Saluons le travail de son fondateur Florent de Kersauson et ses têtes chercheuses, Bertrand Bégin et John Queffelec, qui pendant plus de 15 ans ont déniché et financé plusieurs de nos belles startups bretonnes : Akeneo, Mobility Tech Green, Target First, Pledg… Dès 2012, ils avaient été précurseurs avec “ZGarage” qui entendait aider les start-up européennes à pénétrer le marché américain avec John Queffelec au commande (qui a créé en 2020 John Q venture).

Dans le même registre, le véhicule d’investissement du Crédit Agricole “Force 29” a également mis fin à son activité. 

En revanche, une nouvelle société de gestion a été créée : Épopée. Cette dernière devient la société de gestion du fonds West Web Valley 1. A noter que le second fonds Épopée West Web Valley 2 va voir le jour en 2021 et sera doté de 50 millions d’euros. Avec l’arrivée de Ronan Le Moal à 100% (ex-CEO d’Arkea et de Fortuneo), une seconde thématique porte sur l’accompagnement des PME/ETI dans leur transition digitale et écologique (fonds entre 100 et 120 millions d’euros). La troisième thématique est axée sur l’immobilier régional (fonds de 100 millions d’euros). La dernière thématique sera aérienne. Le fonds investira dans des avions électriques et hybrides, lesquels seront proposés aux régions, aux compagnies aériennes ou à des plateformes internet. 

Pour terminer sur la partie financement, notons qu’Euronext est plus que jamais impliqué sur le territoire breton avec plusieurs IPO (introductions en Bourse).

ACCÉLÉRATEUR / ACCOMPAGNATEUR : PLUS D’ENTRANT, ÇA SE STABILISE

Après 5 années de création de concepts d’accélération plus ou moins aboutis, tous les dispositifs n’ont malheureusement pas survécu. Les structures publiques sont montées en compétence (Technopôle avec Boost’up bretagne ) et les accélérateurs ayant une véritable expérience perdurent (Ici Lundi ex startup Palace, OFF7 de Ouest France, Novapuls de Sodero Gestion, ADN Booster, West Web Valley d’Épopée…).

Petit focus sur Ici Lundi, anciennement le Startup Palace, qui opère des nouveaux programmes pour Sodebo et Brioches Fonteneau https://miam-foodtech.com/ ou encore pour PBTracks avec Pitney Bowes, un des leaders de l’affranchissement et de l’envoi, suivi et livraison de documents et de colis. Une boîte US centenaire avec plus de 80 000 clients en France ! Saluons également le succès du lancement de leur espace de coworking “le Palace” avec de nombreuses boîtes du territoire : OCode, Screeb, Open IT Solutions, Koral Play, Basic Games, Peekin, Fly The Nest… mais aussi de nombreuses structures hors territoire : AB Tasty / AWS / Veepee / Figaro Classifieds / Datadog

Du côté du Poool (French Tech Rennes St Malo) un duo de choc très prometteur s’est formé entre Daniel Gergès (Directeur) et l’élection de Gwenaëlle Quenaon Hervé en tant que Présidente. Entrepreneure du digital aux prémices de l’Internet grand public, elle avait cofondé RegionsJob en 2000 — rebaptisé HelloWork en 2018.

ÉVÉNEMENTS : L’ANNÉE DES WEBINARS…

COVID oblige, les annulations en cascade se sont enchaînées, malheureusement mais logiquement, depuis mars 2020 : Ticket to pitch (Brest), Startup on the beach (Saint-Malo), Digital Inspirationnel (Quimper), les différents meetups…

Quasiment tous ont tenté de digitaliser leur format mais les audiences n’étaient pas forcément au rendez-vous et un essoufflement a été ressenti après 5 ou 6 webinars suivis. Ce n’est pas la démonstration de l’échec de ce format mais l’illustration de la nécessaire adaptation des formats à ce type de programmation “virtuelles”.

Le West Web Festival, habituellement suivi par 30 000 personnes en ligne, a ainsi vu son audience divisée par 100 alors que la programmation était au rdv avec Cédric O, Catherine Barba, Louis-Alexis de Gemini (CEO Deezer), Jérôme Tréhorel (Vieilles Charrues)… On ne baisse pour autant pas les bras et on apprend, progressivement, les nouveaux codes de ses événements “à distance”.

Saluons au passage les visionnaires Daniel Gerges et Adrien Poggetti, respectivement directeur des Frenchtech de Rennes et Nantes, qui avait décidé de faire l’impasse sur leurs événements 2020 avec la Digital Tech (tous les 2 ans à présent) et le Web2day qui avait décidé de faire une pause en 2020 😉

Les deux événements de poids qui ont été maintenus entre les deux confinements sont Start West (à noter la faible mise en avant des startups dans l’univers du digital) et la Startup Golf Cup d’Erick Laborier qui a eu lieu à Nantes.

Il est certain qu’une révision des formats et de nouveaux contenus/canaux dédiés à des thématiques spécifiques deviendront certainement la norme…. 

ENTREPRISE EN TRANSITION NUMÉRIQUE : L’IA DÉBARQUE RÉELLEMENT

Lorsque nous nous sommes rendus chez SAMSIC à Rennes pour enregistrer “L’épopée de Christian Roulleau”, nous ne nous attendions pas à parler d’IA pour une société de “facility”. En 30 ans, l’entrepreneur est passé de 2 salariés à 90 000 salariés pour un CA de 3 milliards et forcément l’innovation a été clé. De la collecte de données à leurs analyses, cela a permis par exemple de détecter les personnes à mobilité réduite dans les aéroports afin de mieux les accompagner. Autre exemple dans les centrales nucléaires avec la possibilité de détecter des personnes ayant les bons équipements afin de “refouler” ceux qui ne sont pas équipés correctement.

Pour la coopérative le Gouessant, le numérique a aussi largement pris sa place dans le quotidien, notamment avec leur application AUNEOR. Ce nouvel outil de pilotage imaginé en collaboration avec See-d permet notamment de gagner 43 € pour 1000 litres de lait en améliorant de manière préventive la nutrition et le renouvellement du troupeau.


Le Finistérien Louis Le Duff,  fondateur du groupe éponyme  (Brioche dorée, Del Arte, Bridor…) innove aussi au quotidien. Déjà en 2016 le groupe avait innové avec sa plateforme Gourming. Les équipes du Groupe ont enfoncé le clou avec une collaboration entre l’INRA et le CHU de Rennes en créant l’Amibiote, une baguette riche en fibres végétales et qui prend soin du microbiote intestinal. Le Duff a d’ailleurs gagné le grand prix de l’innovation en santé au salon mondial SIRHA (Écouter en Podcast “L’épopée de Louis Le Duff”).

Ça innove également à l’hôpital public qui fait de plus en plus appel aux startups pour améliorer la qualité de soin et le parcours patients. En la matière, les hôpitaux bretons sont en pointe. C’est le cas à Rennes qui perpétue une tradition déjà ancienne d’innovation. A Brest, sous la houlette de Florence Favrel-Feuillade, directrice générale, et de Christelle Collec, directrice de l’innovation, un véritable guichet se construit pour les startups. Brest fait par exemple partie, avec une trentaine d’établissements bretons, des établissements formant leur personnel grâce aux solutions digitales (réalité virtuelle, mobile) des Rennais de Simango. La startup a mis ses compétences aux services de la formation accélérée des soignants de réanimation dans le contexte COVID. Les innovations de la startup Ambuliz seront également à suivre en 2021, elle qui porte un projet unique en France de “tour de contrôle” des flux patients. 

Dernier exemple pour illustrer cette partie, revenons sur Trecobat qui nous étonne tous les ans avec ses différents projets : Nestor, le travail sur le BIM et la maquette numérique. Cette fois, ils se sont attaqués à la blockchain avec le groupe bancaire Arkéa et ont annoncé le lancement de Treckea, une plateforme dédiée à la réinvention du parcours d’un projet immobilier. L’interface centralise toutes les étapes d’un projet immobilier et sécurise l’ensemble des informations partagées grâce à la blockchain.

ENSEIGNEMENT ET RECHERCHE, ON FORME À L’IA MAIS PAS SUFFISAMMENT

Dans les 15 ans à venir, 40% des emplois américains actuels auront disparu.

Pour les territoires, singulièrement le grand ouest pour nous, cela va devenir aussi un enjeu sociétal. Il faudra créer des emplois qui ont du sens dans ce nouveau monde. Si nous ne prenons pas les devants, les inégalités numériques vont se creuser. 

Ce métier de développeur/développeuse en IA prend une importance croissante dans les nouveaux métiers de la data. Ainsi, en France, plus de 3500 postes seraient de développeurs/développeuses en Intelligence Artificielle à pourvoir d’ici 2023.

Microsoft a créé en 2018, en partenariat avec Simplon, une école unique et alternative : l’École IA Microsoft By Simplon. Dans l’Ouest, la dernière en date est celle de Brest après Nantes et Rennes. Ceci a été rendu possible grâce à l’énergie de John Queffelec (ex Microsoft et Nestadio) et c’est l’Isen Brest, (école d’ingénieurs engagée dans des formations à destination de demandeurs d’emploi avec son programme Code.bzh) qui opère la formation pour le compte de Simplon. 20 promesses d’embauches en contrat de professionnalisation ont ainsi pu être sécurisées avant le démarrage de la formation grâce à l’implication de 8 acteurs de poids sur le territoire : Alcatel Lucent Entreprise, le groupe Arkéa, Brest métropole, Capgemini, CHRU Brest, Crédit Agricole Finistère, Groupe Eureden, Thales et Verlingue.

L’IA sera ce que notre territoire en fera !

LES INFLUENCEURS EN MODE DÉCALÉ

Le format podcast continue à prendre de l’ampleur. Après les bons succès des podcasts “Contrevent” et “Serial entrepreneur”, trois nouveaux voient le jour. Le premier, celui du célèbre Pontivo-Nantais Simon Robic, avec Screeb. Il anime le podcast Clavardage. Il y reçoit toutes celles et tous ceux qui comptent dans l’industrie de l’expérience client et du marketing conversationnel.

Le second a été créé par notre accélérateur pour le lancement de la société de gestion Épopée. Intitulé “L’épopée de…”, nous nous sommes mis en quête des grands dirigeants bretons. Objectif : vous raconter leur épopée entrepreneuriale. Quels ont été leur parcours ? Comment ont-ils innové ? Ils sont à un moment de leur vie où ils souhaitent transmettre leur savoir.

Dans l’univers de l’influence, revenons sur la création des “Growth techs”. Nouveau podcast unique en son genre qui mélange le meilleur de Burger Quizz, la crème des startups de l’Ouest et l’impertinence de Naddymess. Le concept ? Une équipe de champions des startups et de la tech, les résidents de l’émission, affronte chaque mois une équipe adverse composée de 3 membres d’une même startup dans un jeu de questions-réponses complètement délirant mais pas tant que ça non plus.

Mais il n’y a pas que les supports audios et vidéos qui fonctionnent, le blog de Michel Nizon vaut le détour avec notamment sa série “Startup of the Bitch”. L’idée est de mettre en avant des start-up bretonnes d’exception en suivant scrupuleusement les 3 critères de Kchehck : Communauté, Faisabilité et Modèle Économique.

Clin d’œil également à deux jeunes écrivains qui viennent d’écrire leur premier livre. Le premier d’Edouard Dumortier (CEO d’allovoisins) avec son livre “Le futur de l’économie collaborative et le second “La rédaction WebCréez votre stratégie de contenu et boostez votre référencement” d’Aurélie Bégat (conceptrice rédactrice).

Saluons aussi l’entrée de Bertier Luyt. Maker, entrepreneur, investisseur, goalkeeper, président de l’association des professionnels et des usagers du numérique Digital Saint-Malo, membre de l’Agora du Poool. Bertier Luyt est un ambassadeur de la French Tech. Il a fondé le bureau parisien du fonds d’investissement Techstars et lancé son programme d’accélération. Indépendant aujourd’hui il accompagne des startups en stratégie de développement et de levée de fonds, des ETI sur des sujets de veille technologique et d’opportunités d’investissement ou de partenariat, et conseille des grands groupes.

EN CONCLUSION

S’il n’y avait qu’une chose à retenir sur cette période, c’est le projet MakAir qui reflète l’agilité de notre territoire. Pour rappel, face à l’urgence sanitaire liée à la pandémie de COVID, le collectif français « Makers For Life” né de l’initiative d’entrepreneurs nantais (Quentin Adam, Baptiste Jamin, Valérian Saliou, Emmanuel Feller…), de makers, de chercheurs, de professionnels de santé et d’ingénieurs a mis au point le MakAir, un respirateur artificiel dédié au traitement du COVID-19.

Le projet a été soutenu par le ministère des Armées, le CHU, les collectivités locales, les startups… C’est le seul projet au monde qui a vu le jour parmi la centaine d’initiatives pour créer des respirateurs, et pourtant de grands noms s’y sont essayés : Tesla, Dyson, McLaren…  C’est un véritable exploit. L’Agence nationale de sécurité du médicament leur a donné l’autorisation de passer au test clinique sur l’homme. Entre Nantes et Brest, cette machine a été conçue avec de l’impression 3D en un temps record 👏👏👏

Et selon vous, à quoi ressemblera 2021 ?